Le débat qui semble dominer la scène politique sénégalaise les semaines dernières, portent essentiellement sur  » la tension budgétaire conjoncturelle que traverse le pays, dans cette période pré-électorale », l’avis du Comité international des droits de l’homme des Nations unies et la décision de l’opposition de « saboter » la réunion prévue en décembre prochain du groupe consultatif de Paris.

Sur la tension budgétaire, il importe de noter qu’au Sénégal, l’opposition fait feu de tout bois, sinon, il n’y a pas débat sur le fait qu’un pays africain, non encore producteur de pétrole, puisse traverser quelques zones de turbulences budgétaires-passagères- au cours d’une année pré-électorale. D’autant que, comme l’a si bien expliqué le ministre des Finances, M. Amadou Ba : « Cette situation serait due notamment au choix de nos autorités de faire de 2018, une année sociale ». Cette option courageuse du chef de l’Etat se caractérise par : l’allègement des charges aux ménages, la satisfaction de plusieurs revendications syndicales notamment celles très contraignantes des enseignants et des étudiants, l’augmentation du nombre des bénéficiaires des bourses familiales, la revalorisation des retraites, etc. Le plus difficile dans une telle situation, concerne évidemment les facteurs exogènes, qui se traduisent par la hausse du prix du baril et l’appréciation du dollar. Deux facteurs exogènes qui perturbent indiscutablement les prévisions budgétaires les plus rigoureuses.

Au Sénégal, nous avons vécu des moments où l’on nous disait que les salaires du mois ont été payés, tantôt par feu El hadj Djily Mbaye, tantôt par feu El hadji Ndiouga Kébé…Aujourd’hui, nous sommes très loin de telles précarités budgétaires, par la grâce d’Allah, Soubhânahou Wata’ala.

En somme, les agences de notation les plus sérieuses ont attribué de bonnes notes au Sénégal, dont l’économie est classée parmi les meilleures de la région. Ce n’est que par nihilisme primitif et paresse intellectuelle caractérisée, que l’opposition nous cantonne dans un débat puéril et sans objet.

Pour ce qui est du fameux « avis » du Comité international des droits de l’homme sur l’affaire Karim Wade, il suffit de se référer à la définition du Comité et de ses prérogatives, pour se rendre compte, que l’agitation politicienne, artificiellement entretenue autour de cette question, relève d’une volonté manifeste de semer la confusion et la désinformation.  » Le Comité international des droits de l’homme est un organe de surveillance du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, responsable du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses protocoles facultatifs. Il rend des avis et des recommandations aux 172 États partie du pacte, sans pouvoir de contrainte », disent les textes qui régissent ledit Comité. Il faut également préciser que le Sénégal jouit, dans tous les cas, d’un délai de 180 jours (06 mois) pour donner sa réponse par rapport à cet avis qui n’a aucun caractère contraignant. Or, un délai de six mois nous ramène au mois de mai 2019, bien après l’investiture du président réélu ou élu. Suivez mon regard… Ce débat, non plus, n’est pas d’actualité.

 

Si nos opposants à la colle blanche, ont la nostalgie des rues de Paris, ils sont libres de s’y rendre, mais de grâce, que ces derniers comprennent que le patriotisme pur, ne leur permet pas de vilipender ainsi leur patrie à l’étranger. Nous n’avons jamais vu, ici au Sénégal, des opposants français défiler dans nos rues, pour contrecarrer les politiques définies et exécutées par les autorités de leur pays.

 

Notre opposition gagnerait à s’intéresser davantage aux préoccupations réelles des populations, au lieu de se focaliser sur la rengaine du  » comment accéder au pouvoir à tout prix ».

Mamadou Bamba NDIAYE

Ancien ministre, chargé des Affaires religieuses

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here