L’Arabie saoudite affronte d’énormes défis logistiques lors du hajj. À la veille du grand pèlerinage, dimanche 19 août, des applications ont été développées pour faciliter la venue de millions de pèlerins venus du monde entier.
Quelques deux millions de musulmans effectueront à partir de dimanche 19 août le grand pèlerinage annuel à La Mecque, qui prend une dimension de plus en plus high-tech avec une multiplication d’applications mobiles pour aider les fidèles.
Le hajj, un des cinq piliers de l’islam, se déroule alors que l’Arabie saoudite, un royaume ultraconservateur, connaît des changements sans précédents. Les femmes ont ainsi été autorisées à conduire depuis le mois de juin, mais les autorités font preuve dans le même temps d’une grande fermeté face à toute voix dissidente.
Près de 1,7 million de pèlerins sont déjà arrivés des quatre coins du monde, selon des chiffres officiels publiés jeudi. Pour se retrouver dans cet événement d’une ampleur gigantesque, les pèlerins bénéficient d’un nombre croissant d’applications, en différentes langues, sur leurs smartphones.
« Smart hajj »
Les rituels commenceront dimanche et s’étaleront jusqu’à vendredi sous un soleil brûlant avec des températures dépassant les 40 degrés Celsius. En attendant, des centaines de milliers de pèlerins continuent d’affluer vers la ville sainte de La Mecque où les groupes portent des couleurs différentes selon leur pays d’origine, pour éviter de se perdre.
Cette année, les autorités saoudiennes ont lancé une initiative appelée « smart hajj », avec des applications pour aider les pèlerins à trouver leur chemin ou obtenir des soins médicaux d’urgence auprès du Croissant-Rouge saoudien.
Les autorités sont aussi en mesure de localiser les pèlerins grâce à l’application. Le ministère du Pèlerinage gère également l’application « Manasikana » qui fournit une traduction pour les fidèles ne parlant ni arabe ni anglais.
Le pèlerinage de 2018 s’inscrit dans un contexte de répression croissante des opposants en Arabie saoudite, une monarchie absolue qui mène pourtant une vaste campagne pour améliorer son image dans le monde avec l’annonce d’une multitude de réformes.
Crise diplomatique dans le Golfe
Le hajj intervient aussi plus d’un an après le début d’une grave crise diplomatique dans le Golfe entre le Qatar et l’Arabie saoudite et ses alliés. L’Arabie saoudite sunnite, premier exportateur mondial de pétrole, et ses alliés accusent le Qatar de soutenir des extrémistes islamistes et de se rapprocher de l’Iran chiite, grand rival de Ryad. Mais le Qatar nie soutenir des mouvements « terroristes ». Les pèlerins en provenance de cet émirat sont autorisés néanmoins à entrer en Arabie saoudite pour le hajj, assure Ryad.
Des Iraniens sont aussi venus en nombre. Téhéran avait temporairement suspendu l’envoi de ses citoyens au hajj à la suite d’une gigantesque bousculade qui avait fait quelque 2 300 morts en 2015, dont des centaines d’Iraniens.
Le hajj, un énorme défi logistique, a connu plusieurs drames depuis 1987, avec des centaines de morts dans des mouvements de foule ou des affrontements entre policiers saoudiens et pèlerins iraniens qui manifestaient contre les États-Unis et Israël. Selon une étude du centre de recherches américain Pew Center, le nombre de musulmans devrait passer de 1,8 milliard en 2015, à 3 milliards en 2060, soit une croissance de 70 %.
France 24 Avec AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here